Électricité en Guinée : stabilité soudaine du courant électrique.
quand le courant semble attendre le retour du chef de l’État
Plusieurs jours marqués par l’absence du chef de l’Etat pendant son congé annuel, le secteur de l’électricité était émaillé de délestages et de coupures journalières dans la capitale Guinéenne-Conakry.
C’est un fait pour le moins surprenant qui alimente, depuis plusieurs heures, les conversations dans les foyers guinéens : le courant électrique a tenu toute une journée d’hier à aujourd’hui sans interruption majeure, une situation qui, dans le contexte actuel, apparaît presque comme un événement exceptionnel.
La question qui revient sur toutes les lèvres est simple : comment expliquer cette soudaine stabilité du courant ?
Ces derniers jours, alors que le président de la République, Président Mamadi Doumbouya, se trouvait hors du pays pour son congé annuel en Grèce, de nombreux citoyens étaient confrontés à des délestages devenus presque prévisibles.
Dans certaines zones, le courant disparaissait autour de 9 heures pour ne revenir qu’en fin d’après-midi, parfois vers 18 heures.
Pour justifier ces perturbations, les responsables du secteur de l’électricité ont notamment évoqué un manque d’eau au niveau du barrage de Kaléta, une explication qui a suscité de nombreuses interrogations au sein de l’opinion publique.
Mais voilà que le chef de l’État rentre au pays, et le constat semble changer.
Depuis son retour, le courant est là. Il tient. Il éclaire les maisons, fait fonctionner les commerces et permet aux ménages de poursuivre leurs activités.
Cette coïncidence, aussi troublante soit-elle, nourrit naturellement les interrogations.
Faut-il alors croire que les responsables du secteur de l’électricité craignent davantage le chef de l’État que les souffrances quotidiennes de la population ?
C’est précisément là que se trouve le véritable malaise.
Car si l’approvisionnement en électricité peut soudainement s’améliorer lorsque le président est présent, cela pose une question fondamentale de gouvernance : pourquoi la performance des services publics devrait-elle dépendre de la présence ou de l’absence du chef de l’État ?
Les populations guinéennes ne demandent pourtant pas un privilège. Elles demandent simplement un service public régulier et fiable. Elles paient leurs factures, investissent dans des équipements électriques et organisent leur vie autour d’un réseau dont elles espèrent, légitimement, la stabilité.
Le paradoxe est donc saisissant : si le manque d’eau à Kaléta était réellement la cause principale des délestages, le retour du président de la République ne pouvait logiquement pas faire apparaître de l’eau dans le barrage.
C’est pourquoi cette situation mérite mieux que des explications de circonstance. Elle appelle des réponses claires, des chiffres vérifiables et surtout une véritable reddition de comptes.
Car gouverner, ce n’est pas seulement craindre une sanction venue d’en haut. C’est aussi avoir suffisamment de respect pour ceux qui vivent les conséquences des décisions publiques au quotidien.
La Guinée ne devrait pas avoir besoin de la présence physique du président pour que ses citoyens aient de l’électricité.
Le courant doit être permanent non pas parce que le chef de l’État est au pays, mais parce que les responsables chargés de ce secteur ont l’obligation de faire fonctionner correctement le service public.
Sinon, une question continuera de hanter l’opinion : les dirigeants du secteur de l’électricité travaillent-ils pour satisfaire la population ou uniquement pour éviter la colère du président ?
Une chose est certaine : le retour du courant est une bonne nouvelle pour les Guinéens. Mais la vraie victoire serait de faire en sorte que cette stabilité ne soit plus perçue comme un miracle lié au retour du chef de l’État.
L’électricité ne doit pas obéir à la peur. Elle doit obéir à la compétence, à la responsabilité et à l’intérêt général.
PAR MLS POUR ILLUMINATIONMEDIA.NET 620 49 75 65









