𝗟𝗔 𝗚𝗨𝗜𝗡𝗘𝗘 𝗗𝗘𝗠𝗔𝗡𝗗𝗘 𝗢𝗙𝗙𝗜𝗖𝗜𝗘𝗟𝗟𝗘𝗠𝗘𝗡𝗧 𝗔 𝗟𝗔 𝗙𝗥𝗔𝗡𝗖𝗘 𝗟𝗔 𝗥𝗘𝗦𝗧𝗜𝗧𝗨𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗗𝗨 𝗖𝗥𝗔𝗡𝗘 𝗗𝗘 𝗟’𝗔𝗟𝗠𝗔𝗠𝗬 𝗕𝗢𝗞𝗔𝗥 𝗕𝗜𝗥𝗢 𝗕𝗔𝗥𝗥𝗬 𝗘𝗧 𝗗𝗘 𝗧𝗥𝗢𝗜𝗦 𝗗𝗘 𝗦𝗘𝗦 𝗖𝗢𝗠𝗣𝗔𝗚𝗡𝗢𝗡𝗦
Le Bénin et le Sénégal étaient l’un des pays Africains inscrits dans la démarche de récupéreration de leur patrimoine historique bradé par la France depuis la colonisation.
D’importants biens historiques africains ont été signalés dans la musée française, ces patrimoines arrachés aux peuples noirs avaient une âme de retentissement social, culturel économique et spirituel auprès des populations africaines.
Ils jouaient un rôle sacré, philosophique, initiatique, commémorative, et de trait entre les peuples noirs et leurs ancêtres dans la transmission du savoir traditionnelle des populations africaines de génération en génération.
Aujourd’hui, La Guinée a officiellement sollicité auprès des autorités françaises la restitution du crâne de l’𝗔𝗹𝗺𝗮𝗺𝘆 𝗕𝗼𝗸𝗮𝗿 𝗕𝗶𝗿𝗼 𝗕𝗮𝗿𝗿𝘆 ainsi que de ceux de trois de ses proches, a annoncé le 𝗺𝗶𝗻𝗶𝘀𝘁𝗿𝗲 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗖𝘂𝗹𝘁𝘂𝗿𝗲, 𝗱𝘂 𝗧𝗼𝘂𝗿𝗶𝘀𝗺𝗲 𝗲𝘁 𝗱𝗲 𝗹’𝗔𝗿𝘁𝗶𝘀𝗮𝗻𝗮𝘁, Moussamoise Sylla.
Selon le ministre, la demande officielle a été transmise le 𝟮𝟳 𝗷𝘂𝗶𝗹𝗹𝗲𝘁 et s’inscrit dans la continuité des démarches entreprises par les autorités guinéennes pour le rapatriement d’éléments du patrimoine historique national, notamment les effets personnels de l’𝗔𝗹𝗺𝗮𝗺𝘆 𝗦𝗮𝗺𝗼𝗿𝘆 𝗧𝗼𝘂𝗿𝗲.
𝗠𝗼𝘂𝘀𝘀𝗮 𝗠𝗼𝗶𝘀𝗲 𝗦𝘆𝗹𝗹𝗮 a indiqué que des recherches menées à la demande de la Guinée ont permis aux autorités françaises de localiser les crânes de l’𝗔𝗹𝗺𝗮𝗺𝘆 𝗕𝗼𝗸𝗮𝗿 𝗕𝗶𝗿𝗼 𝗕𝗮𝗿𝗿𝘆, de son père, de son frère et de son chef de guerre. À la suite de cette confirmation, la Guinée a engagé la procédure officielle de restitution.
Dernier Almamy de l’État théocratique du Fouta-Djalon, Bokar Biro Barry occupait les fonctions de chef politique et religieux de ce royaume à la fin du XIXᵉ siècle. Il est considéré comme l’une des principales figures de la résistance à la pénétration coloniale française en Guinée.
Les autorités guinéennes estiment que ces restes humains revêtent une valeur historique, mémorielle et patrimoniale majeure et qu’ils doivent retrouver leur terre d’origine.
Cette démarche est rendue possible par la loi française adoptée en 2023 relative à la restitution des restes humains conservés dans les collections publiques. Dans cette perspective, la Guinée a mis en place un comité scientifique chargé d’accompagner le processus de restitution, qui pourrait aboutir dans un délai d’un à deux ans.
Le directeur du Musée national de Guinée, 𝗠𝗼𝗵𝗮𝗺𝗲𝗱 𝗔𝗺𝗶𝗿𝗼𝘂 𝗖𝗼𝗻𝘁𝗲 membre de ce comité, rappelle que l’𝗔𝗹𝗺𝗮𝗺𝘆 𝗕𝗼𝗸𝗮𝗿 𝗕𝗶𝗿𝗼 𝗕𝗮𝗿𝗿𝘆 s’est opposé à l’expansion coloniale française jusqu’à sa décapitation. Son crâne, comme ceux de nombreux résistants africains, avait ensuite été transporté en France comme trophée de guerre, une pratique répandue à l’époque coloniale.
Actuellement conservé au Musée de l’Homme à Paris, le crâne de l’𝗔𝗹𝗺𝗮𝗺𝘆 𝗕𝗼𝗸𝗮𝗿 𝗕𝗶𝗿𝗼 𝗕𝗮𝗿𝗿𝘆 ne sera pas exposé après son retour en Guinée. Les autorités privilégient une inhumation conforme aux traditions nationales.
« Dans notre culture, les restes humains ne sont pas destinés à être exposés dans un musée. Ils doivent être inhumés avec dignité>> a expliqué 𝗠𝗼𝗵𝗮𝗺𝗲𝗱 𝗔𝗺𝗶𝗿𝗼𝘂 𝗖𝗼𝗻𝘁𝗲.
Le lieu de cette inhumation n’a pas encore été arrêté. Les autorités hésitent entre Conakry et Timbo, ancienne capitale de l’État théocratique du Fouta-Djalon. Quelle que soit la décision retenue, l’𝗔𝗹𝗺𝗮𝗺𝘆 𝗕𝗼𝗸𝗮𝗿 𝗕𝗶𝗿𝗼 𝗕𝗮𝗿𝗿𝘆 devrait bénéficier d’obsèques nationales en hommage à son rôle dans l’histoire de la résistance guinéenne.
Par MLS pour Illuminationmedia.net








